Mot du président

Le lac Trois-Lacs est certes un splendide joyau de la nature, mais encore, faut-il le préserver et y maintenir tant la beauté que la santé dans un monde où les activités humaines, agricoles et forestières y priment. Cependant, une simple préservation ne sauvera pas notre lac, nous sommes rendus au stade de restauration.

L’Association des résidants des Trois-Lacs  y travaille depuis plus de 40 ans. Mais les usages récréotouristiques (baignade et navigation) y sont encore grandement limités par la prolifération des plantes aquatiques et par l’envasement qui nous provient du bassin versant. Nous faisons aussi face, comme plusieurs lacs, à l’envahissement possible des plantes « dites envahissantes ».

Il y a eu plusieurs travaux tant sur les berges du lac que sur ses affluents du bassin versant tels : la revégétalisation, la stabilisation des berges, l’enrochement et la fabrication de fosses de sédimentation. Nous comprenons que ce sont les travaux dans le bassin versant qui vont être les plus productifs; mais nous y avons peu de pouvoir. Le dernier projet d’envergure était le dragage (2010 à 2014). Le côté local et curatif de ce projet était novateur et très rassembleur; car il s’agissait d’enlever des sédiments et des herbiers. La notion de « réparation – restauration» était positive.

Cependant, en 2016, nous avons recommandé de ne pas renouveler la demande de dragage, car le peu de surfaces draguées répond, en bonne partie, aux effets escomptés, mais ça aurait pris 30 ans pour faire le tour du lac, et ce, sans y compter les millions investis; alors que les énergies doivent aussi être déployées à diminuer l’arrivée des sédiments. On ne peut pas mettre les énergies aux deux places en même temps. On a avantage à prioriser les actions au niveau du bassin versant afin d’en escompter les résultats à long terme.

L’Association continue à espérer les actions de réduction à la source des apports de nutriments vers le lac et à sensibiliser les différents acteurs concernés par la préservation du plan d’eau. Nous souhaitons servir de levier à la RIRPTL (Régie Intermunicipale de Restauration de Préservation  des Trois-Lacs) pour la mise en place d’un projet d’envergure qui aura pour effet de diminuer tant l’envasement et les plantes aquatiques que l’ampleur des inondations et des débits extrêmes qui brisent les rives et apportent des charges importantes de sédiments.

Réjean Gouin
président de l’ARTL